Le Grand Paris ne doit pas être « la chasse gardée » des acteurs publics

Devenue une réalité pour une large majorité de ses citoyens depuis le vote de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles, la métropole du Grand Paris pâtit pourtant encore d’une absence de vision politique d’ensemble, du délaissement de certains de ses dossiers ou de retards répétés de ses chantiers phares. C’est pourquoi, lors du Congrès de la FNAIM, Gilles Ricour de Bourgies, président de la FNAIM du Grand Paris, entend rappeler l’ambition d’une région capitale. Une table-ronde rassemblant acteurs privés et publics sera l’occasion de dresser un état des lieux des 5 principaux dossiers qui, ensemble, garantissent le succès du Grand Paris : les transports, le logement, l’économie, la culture et la gouvernance. Le Grand Paris mérite une démarche citoyenne.

 

Un sondage Ifop publié en novembre 2014 rappelait que malgré un taux de notoriété très élevé, on observe un déficit d’information patent sur le fonctionnement de la Métropole du Grand Paris. Des informations aussi essentielles que la date de mise en place ou le mode de désignation du président de la Métropole du Grand Paris sont largement méconnues des Franciliens.

 

Gilles Ricour de Bourgies commente : « Pour s’affirmer dans la compétition internationale et jouer pleinement son rôle de locomotive nationale, le Grand Paris doit redevenir un dossier prioritaire. Les dossiers des transports, du logement, du dynamisme économique, de la culture comme de la gouvernance sont étroitement liés et doivent avancer avec la même ambition. Il est essentiel que sur chacun de ces dossiers, les acteurs privés participent au débat, aux côtés des acteurs publics. »

 

Dossier le plus avancé, l’effort en matière de transport ne doit pas faiblir. En dépit des déclarations du Premier Ministre Manuel Valls demandant que les lignes du Grand Paris Express desservant l’aéroport Charles de Gaulle soient livrées en 2024 plutôt que 2027, la vigilance s’impose. En effet, la RATP a annoncé que le prolongement des lignes 12 et 14 serait achevé en 2019 et non en 2017 comme prévu initialement. Le Grand Paris doit être celui de la mobilité.

 

Il est temps de se donner les moyens d’atteindre l’objectif en matière de logement énoncé dans la loi depuis plusieurs années. Seuls 37 000 logements neufs ont été construits en Ile de France en 2014, sur l’objectif de 70 000 logements par an, pourtant unanimement reconnu comme nécessaire pour répondre aux besoins des Franciliens en termes de logement. A quoi sert un objectif s’il n’est jamais atteint ? La territorialisation de l’offre de logement dans les communes de l’Ile-de-France apporte un premier niveau de réponse à la pénurie. Mais, « un chef d’orchestre s’avère indispensable pour porter la voix du logement auprès des autorités publiques. Les obstacles fonciers – pour les maires – et fiscaux – du côté de l’Etat – restent nombreux et n’ont pas été surmontés au cours de l’année 2014, » explique Gilles Ricour de Bourgies, Président de la FNAIM du Grand Paris.

 

Les élus doivent créer un environnement économique favorable à la région capitale. Auparavant région considérée comme la locomotive de la croissance française, l’Ile de France connaît désormais le même rythme de croissance que le reste du pays. Pour rivaliser avec les mégapoles internationales, le Grand Paris doit s’appuyer sur un axe fondamental qui unira recherche-innovation-enseignement et start-up. « L’heure est à la prise de risque et à la responsabilité des hommes politiques : les travaux des Halles s’enlisent depuis 6 ans, alors que sur les 10 dernières années, Londres a assisté à la construction de 12 tours. Le Grand Paris se doit d’être réactif en créant un contexte favorable aux investisseurs » commente Gilles Ricour de Bourgies, Président de la FNAIM du Grand Paris.

 

La culture ne doit pas être oubliée. La culture constitue le fondement d’un urbanisme éclairé. Au-delà du rayonnement international, elle permettra aux citoyens – Franciliens, Français ou étrangers – de comprendre le sens du projet et de se l’approprier. L’image de Paris et de l’Ile de France a toujours reposé sur son histoire et son identité culturelle. Aujourd’hui encore, la région propose la première offre culturelle au monde.

 

La gouvernance du Grand Paris doit éviter empilement administratif, dispersion des responsabilités et gaspillage. Aujourd’hui, il est prévu que des dossiers aussi stratégiques que les transports, l’économie ou le logement relèvent des compétences de la Région ou des intercommunalités. Une solution qui s’avère complexe alors que l’émergence d’une Région Capitale  forte, disposant d’une légitimité démocratique par des élections directes permettrait de prendre des décisions efficaces, de remplir son rôle d’aménagement du territoire, de réduire les inégalités et de disposer d’une visibilité à l’international.

 

Sur l’ensemble de ces dossiers, la FNAIM du Grand Paris appelle à la mobilisation constante de tous les acteurs. Par son engagement dans de nombreuses instances, notamment le CESER, l’Observatoire du prix du foncier autour des gares ou l’ICREA pour l’international, la FNAIM du Grand Paris assumera pleinement son rôle d’ici le 1er janvier 2016, date de mise en place de la métropole du Grand Paris.

 

 

A propos de la FNAIM du Grand Paris

 

L’organisation syndicale représente en Ile-de-France, hors Seine et Marne, 1 800 professionnels de l’immobilier qui gèrent 2 200 cabinets et succursales, soit un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros. La Chambre est spécialisée dans 15 métiers différents de la transaction, de la gestion, de l’expertise et du conseil. Trois de ces métiers sont règlementés par l’Etat, il s’agit de la transaction, de l’administration de biens et des syndics de copropriété. Dotée de nombreux outils d’analyse, la FNAIM du Grand Paris est une référence incontestée en matière d’informations, d’études économiques et d’informations juridiques sur les marchés immobiliers.

 

http://lamaisondelimmobilier.org/

« Même trop taxé, l’immobilier reste un bon placement »

C’est l’avis de Guy Marty, directeur général de l’Institut d’épargne immobilière dans une récente interview au Figaro (13/11/2014).

Constatant que le travail et l’épargne sont également très taxés en France, et que de fortes incertitudes pèsent sur le contexte macroéconomique et monétaire, il estime que l’immobilier est un vecteur idéal en termes de protection de son épargne : « Les actifs réels apportent une certaine protection« . Pour preuve, les investissements dans les SCPI et les OCPI grand public devraient atteindre les 5 % de rentabilité en 2014.

« Partout dans le monde aujourd’hui, les grands investisseurs, les fonds de pension, les fonds d’Etat, les compagnies d’assurances, renforcent leur position sur l’immobilier, alors pourquoi pas les particuliers ? » Notamment dans le logement, en France, où il s’agira de répondre à la demande des quelque « 3 millions 300 000 ménages que nous aurons en plus d’ici 15 ans« .