La « mixité sociale », de l’idée à la réalité

Le concept de « mixité sociale » qui domine les discours politiques sur l’organisation urbaine n’aurait-il que des avantages ? Cette sacro-sainte « mixité » est-elle la réponse idéale aux ghettos et au risque d’ »apartheid territorial » dénoncé jusqu’au sommet de l’Etat ?

Ce n’est pas l’avis des chercheurs en études urbaines et sciences sociales qui proposent cet ouvrage savant mais synthétique (une centaine de pages), appuyé sur les travaux les plus récents.

Le chapitre « Mixité, contrôle social et gentrification », axé sur l’étude de Paris, est sans doute le plus éclairant. Il démontre que la gentrification – ou « boboïsation » – des anciens quartiers populaires de la capitale a conduit à leur homogénéisation sociale. Or, pour être ouvertement tolérante, cette classe moyenne supérieure y développe des stratégies d’évitement à l’égard du reste de la population, désormais pour l’essentiel immigrée : « L’ambiguïté la plus criante se situe sans doute dans l’écart entre la valorisation de la mixité sociale dans l’espace public ou résidentiel et le rejet de la cohabitation scolaire ». Le « vivre ensemble » atteint vite ses limites…

A lire : Mixité sociale, et après ?, Presses universitaires de France, coll. La vie des idées, avril 2016, 112 p., 9 €.
Voir aussi : Les non-dits de la mixité sociale, Le Point, 26/04/206.
http://www.lepoint.fr/societe/les-non-dits-de-la-mixite-sociale-26-04-2016-2035031_23.php