PROFESSIONS IMMOBILIÈRES N°131

Dans la tourmente, peut-on changer de cap ?

C’est ce que Manuel Valls, Premier Ministre, a annoncé à l’université d’été du Medef, le 27 août 2014. L’amour qu’il a exprimé pour les entreprises a été ovationné par ceux qui créent la richesse et l’emploi dans notre pays. Cela suffit-il ? Les sceptiques répondront par la négative. Je ne suis pas de ceux-là. Mais si le changement de cap est clairement affiché et répété plusieurs fois depuis cette déclaration, il faut engager des mesures nécessaires au redressement de la France. Est-ce le cas dans le domaine du logement et de l’immobilier ? La loi Duflot que nous avons combattue aux côtés de la Fédération a créé un climat de défiance comme aucune autre loi ne l’a fait dans notre secteur d’activité depuis la dernière guerre mondiale. Opposer propriétaires et locataires et jeter un discrédit sur nos professions réglementées ont conduit au gel des marchés immobiliers et à la baisse de la construction, faute d’investisseurs. Pendant plus d’un an, nous avons combattu plusieurs dispositions, comme la création de la garantie universelle des loyers ; nous avons expliqué aux députés et aux sénateurs les erreurs tragiques des différents dispositifs prévus, comme l’encadrement des loyers et la création d’observatoires permettant aux préfets de déterminer un loyer médian ! Force est de constater qu’aujourd’hui, seul Paris est concerné par ce dispositif à titre expérimental. La loi étant la loi, nous devons contribuer à la mise en place d’un système qui ne fera pas baisser les loyers. Actuellement, je défends donc pour les parisiens une alternative à l’encadrement des loyers : le « bail solidaire privé ». D’autres dispositifs méritent la poursuite de notre action. La baisse des honoraires de location dus par le locataire est irréaliste. Il en est de même pour le prochain contrat de syndic : un service de qualité mérite une juste rémunération. La société de la gratuité reste une utopie. Pour preuve, l’augmentation insensée des impôts sur les particuliers et les entreprises a été la décision majeure du Gouvernement des deux dernières années. Oui le changement de cap est nécessaire. Nous y contribuons aussi par nos actions.