Une étude de l’Insee, parue le 3 février, met en lumière 5 types de quartiers à Paris. Elle illustre la complexité du tissu social parisien et pointe la nécessité d’affiner les catégories de description sociale des populations parisiennes. Derrière le niveau de vie moyen des Parisiens (25 700 euros par an) qui se classe parmi les plus élevés des départements français, se cachent d’importantes disparités, au sein même des arrondissements parisiens.

La mixité sociale propre à Paris

Un quart des quartiers parisiens constituent des « territoires de mixité sociale » où se côtoient une majorité de cadres, allocataires des prestations sociales, jeunes (15-29 ans), ainsi que des populations diplômées exerçant des activités intellectuelles mais touchées par une certaine précarité. On y recense 542 000 personnes, le niveau de vie moyen s’élève à 26 100 euros par an.

Un quartier sur dix dit « territoire vulnérable »

Les habitants de ces quartiers ont en moyenne un faible niveau de vie (15 300 euros par an). Ce sont des populations peu diplômées, des familles nombreuses et monoparentales et en grande partie des ouvriers, la plupart bénéficiant de prestations sociales et d’allocations.

Les logements sociaux y sont nombreux et se situent principalement en bordure du périphérique. L’Insee identifie les « territoires vulnérables » en grande majorité dans les 18ème, 19ème et 20ème arrondissements, principalement aux franges des quartiers limitrophes de la Seine-Saint-Denis.

Les « territoires aisés » au cœur de Paris

Plus de 15% des quartiers forment des « territoires aisés » abritant 347 000 personnes. La part de propriétaires y est plus élevée et ces quartiers hébergent de nombreux cadres, chefs d’entreprise ainsi que des personnes âgées. Le niveau de vie moyen s’élève à 41 500 euros et le taux de pauvreté n’est que de 9%, avec très peu d’allocataires des minima sociaux. Les quartiers qui composent les 1er, 6ème, 7ème, 8ème, 16ème et 17ème arrondissements sont essentiellement ce que l’Insee qualifie de « territoires aisés ».

Les cadres investissent le parc locatif privé

Trois quartiers sur dix sont des territoires qui accueillent majoritairement des cadres dans le parc locatif privé. Ce profil est le plus fréquent à Paris et rassemble 672 000 habitants avec un niveau de vie supérieur à la moyenne. Les cadres et les personnes de plus de 65 ans y sont très nombreux.

Les territoires accueillant la classe moyenne : deux fois plus de locataires sociaux

Ils réunissent 467 000 personnes, au niveau de vie plus faible, majoritairement composés d’employés et ouvriers. On dénombre également de nombreuses familles avec enfants. La part des propriétaires dans ces quartiers est moins importante et celle des locataires sociaux explosent.

Des quartiers en pleine mutation

De nouvelles mutations viennent également brouiller les pistes. La pointe du 17ème arrondissement, vers Batignolles, le sud-ouest du 15ème et l’est du 13ème témoignent de l’arrivée de populations plus modestes. Ce récent phénomène tend à modifier le profil socio-économique de  ces quartiers. Il en va de même pour le 20ème arrondissement qui se gentrifie avec l’installation de populations plus favorisées.